disparition ?

de moins en moins de visites. Normal, je n'ajoute plus d'article
mais c'est aussi parce que les anciens n'en écrivent pas non plus
peut-être est-ce juste normal.

# Posté le dimanche 02 août 2009 13:18

Un impossible rêve ?

Un impossible rêve ?
La pièce "Victor Considérant; un impossible rêve ?" sera présentée par le Théâtre du Verseau à la salle Notre-Dame de Salins les 25, 27, 28, 31 mars et 1er, 3 et 4 avril à 20h 30 précises
Occasion de retrouver plein d'anciens ??

# Posté le lundi 02 mars 2009 12:51

Le théâtre qui fait peur

Le théâtre qui fait peur
[i]une réflexion sur l'esthétique théâtrale qui mériterait un beau débat

Il fut un temps, pas si lointain, où l'on croyait que le théâtre et l'art en général pouvaient faire trembler la société, renverser les dictatures, susciter des révolutions. Les artistes eux-mêmes le laissaient dire, par suffisance ou par lâcheté.

Chaque spectacle en répétition se considérait comme un microcosme d'où tout pouvait être réinventé, chaque metteur en scène comme un Noé en puissance, qui traversait les vagues pour planter la vigne salvatrice, populaire et festive d'un monde délivré de la fausse crainte de voir le ciel lui tomber sur la tête. Le militaire n'aurait plus eu qu'un sabre de bois, le moraliste aurait mouliné des bras sans auditoire, les oppresseurs se seraient enfuis tout nus, vaincus par la distanciation.


À chaque époque ses pieux mensonges. Aujourd'hui il me suffit d'écrire ce titre : le théâtre qui fait peur et, bien sûr, personne n'y croit. Tout au plus pense-t-on que je fais allusion à la peur de s'ennuyer au théâtre.

Le théâtre comme religion laïque, raisonnable et émancipatrice a certes encore ses pratiquants mais il n'est plus cette digue inventée nous disait-on par les Grecs, pour protéger la belle « démocratie » contre le tsunami du doute qui nous submerge aujourd'hui.

Pour cesser de me dissimuler derrière le masque d'une ironie facile, et dire mieux d'où je parle, j'avoue que je tiens l'art et celui du théâtre comme un lieu du surgissement de l'immense dans la médiocrité, du stupéfiant dans la monotonie, du rire dans la consternation. Et je continue de lui réclamer de me faire trembler, que ce soit de crainte ou de pitié. Est-ce pour en tirer du plaisir que j'en attends sans cesse du sublime et de l'intime, du « jamais-je-n'avais-vu-ça-comme-ça », ou du « c'est-tellement-ça », est-ce d'abord la joie dont j'attends la visitation ? Non, mais, je le répète, du tremblement. Le souffle coupé. Quand il m'ôte les mots de la bouche, avant de me les rendre autrement. Le théâtre qu'il me faut est celui de l'anomalie et je suis presque inquiet quand il a trop bon goût, quand il pense trop bien, quand il est trop de connivence avec l'évangile du moment. Il me semble que le siècle des Lumières, notre dernier grand phare, a imposé son éclairage aux clairs-obscurs de la machine à illusions. Le décapage des superstitions a entraîné celui de la magie, des apparitions et des disparitions, du rideau et de ses sortilèges. Et le théâtre a été, comme à toute époque, mis au pas, édulcoré de sa sauvagerie initiale. Mais j'aimerais pouvoir y aller encore comme enfant j'allais au zoo, en pensant que les grilles pourraient se rompre, ou au cirque, en craignant que la tête du dompteur ne ressorte pas de la gueule de la bête.

Lorsqu'on a séparé l'esthétique du Sublime et inventé une catégorie du Beau éternellement lointain comme un horizon, on nous a sans doute privé du trop proche, qui maintenant nous manque. Le Beau peut s'étudier, s'enseigner, inspirer de la révérence, des gestes de piété mais il n'est qu'une statue sans chair. Le Sublime, lui, nous surprend là où nous nous ne pensions pas être, il est déjà là alors que nous ne croyons pas encore à son existence. En tout cas, il me frappe tellement au centre que j'ai peine à le saisir, que je ne peux en faire le tour. Ce n'est plus moi qui le réclame, mais lui qui me réclame et qui m'interroge au moment même où je ne sais plus parler.


Mais le Beau raisonnable, amputé de son Sublime est un peu un crocodile privé de sa queue, qui ne peut plus battre les alignements infinis des roseaux. Et pour compléter cette image, je rapporterai deux antiques croyances. L'une est que les reptiles, comme les lézards de notre enfance, ont la faculté de pouvoir faire repousser leur queue. L'autre est que c'est dans la queue que se trouve le poison (in cauda venenum). Car le Sublime est sans doute un poison, et comme tous les poisons, il est aussi un remède. Les Grecs, encore eux, ne distinguaient pas l'un de l'autre, ils n'avaient qu'un seul mot pour dire poison ou remède : pharmakon. Le théâtre est un lieu où déguster ce pharmakon. Est-il sucré ou amer ? Plaisant ou déplaisant ?

L'opération théâtrale peut-elle encore agir de façon thérapeutique, purgative ? René Girard en posant son concept de désir mimétique, s'est appuyé sur un sens dérivé de ce mot pharmakon, celui de sacrifice. Selon lui, la nécessité d'un sacrifice est une constante des sociétés humaines. Il en décrit ainsi les prémisses : « l'effondrement des institutions efface ou télescope les différences hiérarchiques et fonctionnelles, conférant à toutes choses un aspect simultanément monotone et monstrueux ». D'où le recours au meurtre du « bouc émissaire », à la terreur en vrai.


Mais, on le sait, l'art, l'artificiel, par sa supercherie même, peut remplacer le sacrifice réel, le massacre. Il est le mime du sacrifice, non pas la coupe entière de poison mais la goutte toxique permettant la purgation. C'est l'effroi qui délivre du hoquet et non la gorge tranchée.

Pour dire encore un mot d'un théâtre crocodile, qui pleure ou qui fait peur, et finir sur une question plutôt qu'une conclusion. Voici une histoire énigmatique :

Phrynikos, le premier dramaturge à avoir introduit des rôles féminins au théâtre, est aussi connu pour avoir composé une pièce sur un drame contemporain : la mise à sac de la ville grecque de Milet par les soldats perses. Le spectacle était si bouleversant que le public tout entier éclata en sanglots. Phrynikos fut immédiatement condamné à 1 000 drachmes d'amende et son texte interdit, retiré des mémoires. Aujourd'hui, personne ne connaît plus rien de cette œuvre, sinon l'extraordinaire impact qu'elle a eu. Elle était trop. Je me suis souvent demandé ce qui était trop en elle, quel tabou elle avait blessé pour que le public se réveille malheureux de la transe, avec une telle urgence de s'en débarbouiller. Mille drachmes à payer ! Quelqu'un a-t-il tenté d'en préserver le texte ? Et avec le temps, le dernier exemplaire, caché mais encore transmis, ne s'est-il pas retrouvé dans sa jarre comme un poison éventé ? Peut-être alors ne faisait-il plus peur à personne et devenu insignifiant, on en aura réutilisé le cuir et le papier. Ne faudrait-il pas le réécrire, pour lui faire vomir nos mots, de nouveaux mots, la stupeur dissipée ?

Frédéric Révérend

Éditorial de la saison 2008-2009 du Granit, scène nationale de Belfort

# Posté le lundi 23 février 2009 12:00

caroline

caroline
Caroline Courty, promo 91 est éducatrice spécialisée, à Lille

# Posté le jeudi 23 octobre 2008 07:29

Séverine

Séverine
Les promos 91 et 92 s'agitent...
Séverine Landry est psychologue, à Paris Promo 92
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# Posté le jeudi 23 octobre 2008 07:28